Colloque « (R)évolutions contrastées en Égypte et en Turquie » (Prague, 8-9 juin 2017)

Posted By on 27 juin 2017

Coup d'envoi du colloque

Texte original de Stéphane Valter

Les 8 et 9 juin 2017 se tint à Prague un colloque international, en anglais et en français. Intitulé (R)évolutions contrastées en Égypte et en Turquie : le rôle des forces armées, il était organisé par quatre institutions : l’INALCO (Paris, laboratoire CERMOM), Normandie Université (Le Havre, laboratoire GRIC), l’Institut oriental de l’Académie des sciences de la République tchèque, et l’Université d’économie de Prague, avec le soutien de La Sofia (Société Française des Intérêts des Auteurs de l’écrit).

Première session du colloque

Le CEDEJ, en tant que tel, n’était pas organisateur de l’événement, bien que deux de ses chercheurs – Clément Steuer et Stéphane Valter, du pôle « Gouvernance et politiques publiques » – en fussent, eux, co-organisateurs.

Les intervenants venaient de quatre pays différents : France, Égypte, Turquie et République tchèque, et se réunirent dans la prestigieuse salle de réception de l’Académie des sciences, au centre historique de la ville (rue Národní, Prague 1).

Deuxième session du colloque

L’ouverture du colloque fut marquée par la présence de l’Ambassadeur de Turquie, qui était venu non seulement par intérêt pour le sujet, mais aussi pour honorer de sa présence Mme Beril Dedeoğlu, professeure à l’Université Galatasaray (Istanbul), ancienne ministre et récemment nommée présidente de son université. Après le départ de l’Ambassadeur, l’un de ses Conseillers demeura, pendant les deux jours, et prit une part active aux échanges. La mission diplomatique égyptienne fut elle aussi représentée, par le Troisième Secrétaire de l’ambassade de la République arabe d’Égypte, M. Essam Badran, qui prit lui aussi une part active aux discussions. Du côté tricolore, M. Mathieu Wellhoff, Attaché universitaire et de coopération scientifique de l’ambassade de France, nous fit également l’honneur d’assister à l’ouverture du colloque, accompagné de son assistante, Mlle Julie Hallac, chargée de mission scientifique auprès de l’Institut Français de Prague.

Ouverture du colloque

Le colloque fut ouvert par M. Ondřej Beránek directeur de l’Institut oriental, M. Jan Zouplna, directeur du département « Moyen-Orient » du même Institut, et M. Michel Bozdémir, professeur à l’INALCO.

Les échanges, en anglais et en français, portèrent sur le rôle des forces armées égyptiennes et turques, de différents points de vue : militaire (au sens stratégique et technique), politique, social, économique, etc., dans une perspective comparative. Une intervention synthétique par le professeur Jean Marcou, de l’Institut d’études politiques de Grenoble, conclut le colloque.

Professeur Jean Marcou

Parmi les points abordés, on peut citer pour la partie égyptienne : le poids du complexe militaro-industriel, la nature du système politique, les menaces régionales, les défis socio-économiques, le fonctionnement du système partisan, la diversité des approvisionnements, les finances publiques, etc. Pour la partie turque : l’héritage kémaliste, la montée de l’AKP depuis les années 2000, le rôle de la confrérie Gülen, la place de l’armée turque dans l’OTAN, la rébellion kurde, la guerre en Syrie, la récente tentative de coup d’État, etc. Sur ce dernier point important, et bien qu’il reste encore beaucoup de zones d’ombre, le professeur Michel Bozdémir fit judicieusement remarquer que les putschistes entreprirent de mener à bien en plein jour une action séditieuse pourtant nocturne quasiment par nature.

Troisième session du colloque

Si les expériences égyptienne et turque diffèrent, les points communs existent également, comme la centralisation de l’État, le poids de l’institution militaire, la multiplicité des menaces internes et externes, et autres. Un récent développement montrant l’intérêt à étudier un tel sujet, de manière comparative, tient à l’opposition actuelle autour de la question de la politique étrangère du Qatar, puisque l’Égypte s’est alignée sur l’Arabie saoudite et les Émirats Arabes Unis, qui veulent neutraliser leur turbulent voisin, alors que la Turquie annonça qu’elle allait envoyer quelque 3 000 soldats en renfort de ce dernier, dans une alliance de facto avec l’Iran (qui soutient aussi le Qatar), pourtant un pays rival sur le théâtre syrien.

Quatrième session du colloque

La publication des actes de ce colloque est prévue, aux Presses de l’INALCO, en coopération avec l’Institut oriental de l’Académie des sciences de la République tchèque.

Télécharger le programme de l’événement

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