Thermidor, An III (partie 1/2)

Posted By on 21 août 2013

Thermidor, An III

 

Partie 1 : Révolution et contre-révolution sont sur un bateau…

 

Résumé : Les Frères musulmans ont remporté les élections de 2012 en faisant des promesses contradictoires aux révolutionnaires et aux contre-révolutionnaires. Une fois au pouvoir, les contradictions inhérentes à cette stratégie les ont menés à leur perte, en relançant à leurs dépends à la fois la révolution et la contre-révolution, unies dans l’objectif de les chasser du pouvoir.

 

Depuis le début des événements du Printemps arabe, une grande partie des commentateurs occidentaux n’ont cessé de rabattre l’irruption de la nouveauté dans cette région du monde sur les modèles du passé. Suite à la victoire électorale de Al-Nahda en Tunisie en octobre 2011, et jusqu’à la veille du 30 juin, le récit dominant était celui de « l’automne islamiste » : les Frères musulmans avaient « détourné » les révolutions arabes et s’apprêtaient à plonger les sociétés du Moyen-Orient dans une nuit obscurantiste en privant les femmes de leurs droits et en persécutant les minorités religieuses. Les plus coupés des réalités allaient jusqu’à comparer l’Égypte et la Tunisie à l’Iran, et voyaient en Mohamed Morsi un nouvel ayatollah Khomeiny ! Les manifestations du 30 juin et le coup d’État du 3 juillet ont fait voler en éclats cette interprétation des faits. C’est alors que le modèle algérien s’est imposé sous la plume des éditorialistes : les généraux avaient interrompu un processus démocratique qui ne profitait qu’aux islamistes, et l’Égypte allait immanquablement s’enfoncer dans la guerre civile !

La guerre civile ne venant pas, faute de combattants, le sens commun veut désormais voir dans les récents événements une victoire définitive des tenants de l’ancien régime : les 30 mois écoulés n’auraient été qu’une parenthèse plus ou moins enchantée, et l’Égypte de Moubarak renaîtrait désormais de ses cendres pour reprendre comme si rien ne s’était passé. Ces différents récits sont toujours exprimés sur le même ton, au mieux désabusé au pire jubilatoire, et sur l’air du « on vous l’avait bien dit ». Et qu’est-ce qu’on nous avait bien dit au juste ? Il convient ici de noter que ces interprétations successives des événements succombent toujours à la même tentation téléologique : la situation en cours est définitive en même temps qu’elle était prévisible. Et toutes ces « fins de l’histoire » plus provisoires les unes que les autres apportent invariablement la même morale : « les peuples arabes ne sont pas faits pour la démocratie », et seraient condamnés à balancer éternellement entre la botte des militaires et la férule des religieux.

Il semblerait que quoi qu’il puisse se passer en Égypte, l’Occident le percevra toujours selon les mêmes lunettes : celles de l’incapacité des peuples arabes à prendre en main leur destin. Et pourtant, pas plus que l’Égypte de Morsi n’était un État islamique, le régime du 30 juin ne constitue un retour pur et simple à l’ère moubarakienne. La situation demeure aussi compliquée aujourd’hui qu’elle l’était hier, et ne se coule pas dans le moule d’un schéma édifiant. L’histoire politique égyptienne des trente derniers mois, n’en déplaise aux moralistes, n’a pas pour fonction de donner une leçon aux « naïfs » qui ont cru béatement aux promesses de la révolution 2.0.

Les Frères musulmans n’ont jamais été en mesure de « détourner la révolution », encore moins d’imposer un ordre religieux à une Égypte en pleine effervescence révolutionnaire. Certes, ils ont vu dans la chute de Moubarak une opportunité historique : une transition démocratique qui se limiterait à une ouverture du champ politique et à l’organisation d’élections transparentes et non-truquées ne pouvait que leur bénéficier. Face au PND, très vite dissous sur décision de justice, eux seuls possédaient un réseau serré d’institutions religieuses et sociales maillant tout le pays et leur permettant de mobiliser en leur faveur le vote des plus démunis. Ils étaient également les mieux pourvus en moyens humains et financiers et en expérience organisationnelle pour mener bataille dans les urnes.

Cependant, ils avaient besoin de faire accepter par leurs adversaires cette victoire annoncée : les révolutionnaires avaient les moyens de causer des dommages à leur image dans l’opinion publique, tant domestique qu’internationale, tandis que les militaires disposaient de la capacité de les priver par les armes des fruits de leur triomphe électoral. Aussi les Frères musulmans ont-ils fait des promesses contradictoires aux deux camps opposés, et payent aujourd’hui le prix de cette duplicité : aux révolutionnaires, ils ont affirmé leur volonté de « réaliser les objectifs de la révolution », en mettant en œuvre la justice sociale, en purgeant l’administration de ses éléments moubarakistes et en réformant l’appareil de sécurité ; aux dirigeants de l’armée, ils ont laissé entendre qu’eux seuls étaient en mesure de mettre un terme à la contestation révolutionnaire, grâce à l’ampleur et à l’enracinement de leur organisation hiérarchisée et centralisée. Cette stratégie a parfaitement réussi à les mener au pouvoir, et les Frères musulmans ont systématiquement remporté toutes les élections organisées depuis la chute de Moubarak. Mais elle devait aussi fatalement les amener à trahir et décevoir l’un des deux camps.

Ils ont réussi l’exploit de décevoir les deux, et de les liguer contre eux, le tout en un temps record. Rappelons qu’en juin 2012, Mohammed Morsi a remporté le second tour de l’élection présidentielle face au général Ahmad Shafîq, avec le soutien d’une partie des organisations révolutionnaires. Sa victoire s’est jouée sur le fil (moins de 52 % des suffrages exprimés), prouvant ainsi que ce soutien avait été décisif. Néanmoins, suite à la passation des pouvoirs, il a formé un gouvernement duquel les révolutionnaires étaient absents, mais qui était ouvert… aux dirigeants de l’armée et à d’anciens ministres appointés sous le règne du Conseil supérieur des forces armées (CSFA) ! Malgré tout, plusieurs forces révolutionnaires, dont l’une des plus anciennes et des mieux organisées, le mouvement du 6 avril, ont continué à soutenir Morsi et les Frères musulmans dans leur bras de fer avec ledit CSFA. Lorsqu’en août 2012, le premier président égyptien régulièrement élu a placé en retraite anticipée ses principaux dirigeants – le maréchal Tantawi et le général Anan – pour les remplacer par le chef des renseignements militaires, le général Al-Sissi, ceux-ci ont applaudi ce qui semblait être un premier pas, décisif, dans la mise au pas de l’appareil de sécurité, et la consolidation du pouvoir d’hommes politiques civils élus à la tête de l’État.

Mais les Frères musulmans ont rapidement commencé à perdre le soutien des révolutionnaires en faisant preuve d’arrogance et de mépris envers l’opposition séculière, notamment au sein de la commission constituante. Avec leurs alliés, ils ont cherché à faire passer sans discussion plusieurs amendements contestés, concernant notamment la place de la religion dans la société, mais aussi la sanctuarisation de la place de l’armée au sein des institutions de l’État. La rupture est définitivement consommée lorsque Mohammed Morsi décide de passer en force, avec la déclaration constitutionnelle du 22 novembre, puis l’organisation précipitée d’un référendum les 15 et 22 décembre pour faire approuver un texte constitutionnel extrêmement contesté. L’attitude dictatoriale des Frères musulmans jette alors l’ensemble des forces d’opposition dans les rues, où révolutionnaires et libéraux fraternisent avec les contre-révolutionnaires qui commencent à entrevoir la possibilité de venger la défaite électorale du général Shafîq.

Dès lors, il devient impossible pour Morsi de poursuivre plus avant la purge des anciens moubarakistes, chaque tentative en ce sens étant unanimement décriée comme manifestant une volonté de « frérisation » de l’État. Le piège commence alors à se refermer sur les Frères musulmans : ils ont remporté toutes les élections mais ont échoué à s’assurer le contrôle de l’administration, qui leur aurait permis d’agir et d’impulser des politiques. Au cours des six mois qui suivent, l’Égypte s’enfonce dans une contestation rampante : les campagnes de désobéissance civile s’enchaînent sans entraîner la moindre réaction de la police, qui semble avoir disparu, le sentiment d’insécurité se répand à travers le pays et l’économie se détériore à vue d’œil sans que rien ne soit fait pour améliorer la situation. Malgré les tentatives de médiation du parti salafiste Al-Nour, plus aucun dialogue n’est possible à ce stade entre les Frères musulmans et leurs quelques alliés islamistes d’un côté, et l’opposition de l’autre, rassemblée toutes tendances confondues au sein d’un Front du Salut national.

C’est dans ce contexte qu’est lancée la campagne Tamarroud, visant à rassembler des millions de signatures pour réclamer la destitution de Morsi et l’organisation d’élections présidentielles anticipées. La récolte de signatures doit se conclure par une manifestation le 30 juin, jour anniversaire de l’entrée en fonction de Mohammed Morsi. Au cours des semaines qui précédent cette échéance, le ministre de la Défense Al-Sissi émet plusieurs signaux laissant entendre que l’armée suit l’initiative d’un œil favorable. Il faut dire que la mise à l’écart des dirigeants du CSFA avait été vécue comme une humiliation par les dirigeants de l’armée, qui s’inquiètent également de la montée de la contestation jihadiste armée dans le Sinaï (que les Frères musulmans ne semblent pas pressés de combattre) et du soutien ouvert apporté aux révolutionnaires syriens par Mohammed Morsi. La politique étrangère menée par ce dernier leur semble mettre en danger la sécurité de l’Égypte, et l’idée se répand que les Frères musulmans poursuivent des objectifs à l’échelle internationale, et que l’Égypte n’est qu’un pion dans leurs mains, pion qu’ils n’hésiteraient pas à sacrifier si l’intérêt supérieur de la Confrérie le leur commandait. Parallèlement, face à l’impasse du dialogue politique dans laquelle le pays s’est enferré avec l’adoption de la Constitution, beaucoup de leaders de l’opposition se sont résignés à faire appel à l’armée pour chasser les Frères musulmans du pouvoir.

En un an, ces derniers sont donc parvenus à relancer contre eux à la fois la révolution et la contre-révolution. Les événements du 30 juin sont en effet révolutionnaires : les masses se sont soulevées, à l’appel notamment de diverses organisations révolutionnaires, pour obtenir le départ des dirigeants du pays et un changement d’orientation politique, exprimé par le slogan « Pain, liberté et justice sociale », qui avait également dominé les manifestations du 25 janvier 2011. Mais les événements du 30 juin sont également contre-révolutionnaires : des policiers étaient dans les rues au milieu des manifestants, ainsi que la clientèle des notables locaux anciennement membres du PND, et les hommes d’affaires proches du clan Moubarak ont usé de leur fortune en faveur de cette mobilisation. Surtout, ces événements se sont soldés par un coup d’État de l’armée, et par le soutien financier immédiat et massif des monarchies pétrolières du Golfe menées par l’Arabie Saoudite.

Lorsque l’on parle de révolution et de contre-révolution, il ne s’agit pas de simples concepts désincarnés, ni même de processus sociaux entraînant les acteurs malgré eux. Les deux mouvements sont portés par des groupes sociaux concrets, ainsi que par leurs intérêts. Les révolutions arabes ne sont pas nées de Facebook et de Twitter, mais de la conjonction de deux facteurs : la fin de la transition démographique et le renouveau des luttes sociales depuis la fin des années 1990. Elles sont ainsi portées par des organisations de jeunesse s’appuyant sur une génération démographiquement majoritaire, et bien plus instruite et diplômée que celle de ses aînés, mais aussi par des mouvements sociaux prenant parfois la forme de syndicats indépendants, et notamment ouvriers. Les révolutionnaires s’appuient ainsi sur des tendances démographiques et sociales lourdes, contre lesquelles les Frères se sont révélés totalement désarmés, et qui n’ont pas disparu par enchantement avec la chute de Morsi (pas plus qu’elles n’avaient disparu le 11 février 2011 avec celle de Moubarak). De son côté, la contre-révolution exprime les intérêts de ceux dont les privilèges pourraient être menacés par le changement en cours : hommes d’affaires proches de l’ancien régime, notables locaux, dirigeants de la police et de l’armée, mais aussi monarques du Golfe inquiets d’une éventuelle contagion révolutionnaire sur leurs terres. Et tout comme les événements du 30 juin sont à la fois révolutionnaires et contre-révolutionnaires, le régime qui en est issu comporte deux dimensions. Il est certes dominé par des éléments contre-révolutionnaires, mais les éléments révolutionnaires n’en sont pas pour autant absents.

La suite ici…

About the author

Comments

3 Responses to “Thermidor, An III (partie 1/2)”

  1. […] se positionner ? En faveur des putschistes militaires héritiers d’une tradition dictatoriale et alliés à la bourgeoisie libérale qui ont en commun la nostalgie du régime corrompu de Moubarak mais aussi l’appui d’une grande […]

  2. bachar dit :

    c’est un excellent article, mais la chose que je voie et vous n’avez pas fait sortir, c’est le fait que ces révolutionnaires ne sont pas démocratiques et ne veulent pas partager l’Egypte avec la classe basse qui constitue la basse des frères musulmans (comme beaucoup des analystes occidentaux veulent nous faire croire) et que en réalité c’est ces révolutionnaires qui ont voulu tromper les frères musulmans en les exploitant quand ils ont solliciter leur soutient lors de la révolution de 25 janvier et ils leur ont fait croire qu’ils se battent pour une démocratie réelle dans laquelle tous les égyptiens seront égaux et auront le même droit (rappelons que la révolution du 25 janvier n’était qu’une coalition entre les frères musulmans qui ont un soutient interne sans partage avec aucune autre force et d’autres mouvements des jeunes qui eux n’ont qu’un soutient étranger « l’opinion international ») mais durant la courte période de transition et la manifestation du 30 janvier il est devenu claire que l’intention de ces jeunes révolutionnaires qui sont majoritairement issue de la même classe que Moubarak ne voulaient pas une démocratie réelle mais ils voulaient plutôt changer un homme de leur classe par un autre homme de leur classe et continuer la dictature de la classe supérieure mais après les élections de post-25 janvier ils ont vite remarqué qu’en réalité ils étaient coupés du peuple égyptiens et l’avantage et le soutient que leur ont apporté les médias occidentaux ont peu d’influence sur les égyptiens et maintenant ils ont montré leur vrai visage quand ils ont participer au sabotage du processus démocratique, pire encore prirent part aux manifestations pour demander aux militaires de tuer les égyptiens, applaudirent les différentes massacres et constituer en comité pour tuer les supporteurs des frères musulmans et vont jusqu’à confisque le terme « citoyen, peuple » à eux seuls et qualifient tout les autres qui ne sont pas de leurs classe ou leurs adversaires « des terroristes » ainsi de suite… mais la question que chaque analystes qui fait des analyses objectifs doit se demander c’est celle de : est-ce que ces deux classes vont encore une fois essayer de faire une coalition et militer ensemble malgré leur différence politiques et idéologiques pour la cause nationale? est-ce que les frères musulmans vont encore collaborer, travailler et faire confiance avec d’autres mouvement que le leur? et sans le soutien des frères musulmans quel autre mouvent pourra résister contre le régime Moubarak? tous les indices nous poussent à être pessimistes et moi je résumerais tous chapitre de l’histoire égyptiens en ces termes « évènement durant la quelle une partie de la classe régnante a voulu changer un homme de leur classe en exploitant la classe basse mais les frères musulmans ont fait échouer ce projet et après cinq élections, ils ont convaincu que ce processus qu’ils ont declanché est hors leur contrôle et ainsi ils ont décidé d’arrêter ce processus tous ensemble » et ce qui sûr l’Egypte restera un pays sous développé, corrompu et instable et faible vis-à-vis de l’étranger car un pays divisé, dirigé par une classe corrompu et étiquetant la majorité de sa population « terroristes » ne pourra aller nul part.

  3. Chentouh Boudjemaa dit :

    Merci de cette analyse exhaustive de la situation en Egypte à laquelle j’adhère volontier sauf que je ne partage pas votre analyse sur quelques points :

    – Désigner le processus ayant entrainé la chute de Moubarek de ‘’ Printemps Arabe ‘’ est une contre-vérité colportée par les Média Occidentaux et à laquelle, malheureusement, les intellectuels de gauche comme de droite en Occident ont adhéré contre vents et marrées, apportant ainsi leur soutiens à une entreprise de guerre par procuration contre le Monde Arabe planifiée et déclenchée par les officines obscures de l’impérialisme.
    Les vérités et les témoignages allant dans se sens sont légion.

    – Parler de coup d’état est également une contre-vérité : l’Armée Nationale Egyptienne est intervenue à la demande des Egyptiens – pls de trente millions – sortis en masse dans les rues pour contester la tournure prise par les événements sous la direction des ‘’ Frères ‘’ qui,non seulement planifient pour ramener la nation quatorze siècles en arrière, mais aussi mettre l’intégrité territoriale de l’Egypte et son intérêt suprême en jeux : affaire du territoire du Sinai promis aux richissimes intégristes Palestiniens, projet de cession du Canal de Suez à l’état gazier du Quatar , projet de cession de provinces du Sud . profit de Omar El Bachir du Soudan… Autant de démarches dont le moins que l’on puisse dire est qu’elles rentrent dans le cadre de hautes trahison passibles de la pire des peines…

    – Vous semblez désapprouver les appels de certains Egyptiens à interdire le vote aux analphabètes ! personnellement je trouve l’idée géniale si non, pourquoi ne pas autoriser dans la foulée les enfants et les internés dans les asiles psychiatriques à voter ? Le vote est une attitude responsable de nature à donner un sens à la marche de l’Histoire et, le fait que le suffrage universel pose problème dans le monde Arabe est justement à cause de l’analphabétisme ambiant et l’on ne peut permettre à un ignare de décider du sort d’une nation sous prétexte de démocratie.

    – Je n’adhère pas non plus à cette idée de ‘’ Sissisme ‘’ . El Sissi est un Nationaliste qui aime son pays dont il place les intérêts au dessus de toute lutte partisane.C’est un militaire engagé qui ne fais qu’essayer de raviver le Nassérisme en ces temps troubles ou les appétits de l’oligarchie financière mondiale s’aiguisent et la poussent à faire imploser les nations et les partitionner sur l’autel de leurs intérêts . Et en parlant de El Sissi je pense qu’il à fait un mauvais pas en optant pour sa candidature aux présidentielles car sa véritable place est dans l’armée.C’est dommage pour un homme de sa trempe !

Leave a Reply

Please note: Comment moderation is currently enabled so there will be a delay between when you post your comment and when it shows up. Patience is a virtue; there is no need to re-submit your comment.

I'm not a spammer This plugin created by memory cards